Rappel à l’ordre pour les élèves et leur famille à la Mairie.Ce n’est pas éducatif, c’est un tribunal !

Un partenariat Mairie-Education Nationale-Police-Parquet qui casse la barrière entre délinquance et fonctionnement des établissements.

Dans le cadre d’un nouveau partenariat, la mairie de Toulouse va étendre le dispositif de rappel à l’ordre aux élèves de la commune.

Ce dispositif existe déjà en dehors des écoles et il s’agit, d’après la mairie, de prévention de la délinquance avec une visée éducative qui s’applique aux faits portant atteinte au bon ordre, à la sûreté, à la sécurité et à la salubrité publiques dans la commune. L’auteur.e est convoqué.e en mairie et reçoit une « injonction verbale »

Signalement des élèves, décision du parquet, jury.

Suite au signalement d’une équipe enseignante, une fiche sera transmise au conseil local de prévention de la délinquance, puis le parquet devra statuer sur la compatibilité du signalement avec un rappel à l’ordre. Ensuite, l’élève et sa famille se verront convoqué.es au Capitole face à un « jury » composé d’un.e élu.e, de représentant.e de la police « en uniforme », du rectorat et du parquet. L’objectif affiché est de rendre la situation « solennelle » afin de créer un électrochoc avant de « basculer vers de la plus grande délinquance. »

Le partenariat prévoit de cibler les situations « d’atteintes aux biens », « d’atteintes aux personnes », et d’absentéisme. Les précisions sur ce dernier sont extrêmement inquiétantes puisqu’il est précisé que le signalement pourra s’activer lorsqu’un « élève soumis à l’obligation scolaire a, sans motif légitime, manqué au minimum 4 demi-journées de classe par mois ».

Des moyens… pour remplacer le manque de moyens !

En suivant, un plan d’action sera engagé et prévoit de mettre en place des stages, une rencontre avec un psy ou encore une activité éducative avec une association.
Dans un contexte de baisse des subventions aux associations, de dégradation des conditions de travail et d’accueil des psychologues scolaires, le rectorat et la mairie entendent donc prévenir la délinquance par des moyens qu’elles refusent de donner à l’école !

Pour le moment il est prévu une expérimentation dans un « secteur défini». Connaissant les liens que font régulièrement la mairie et le rectorat entre délinquance, difficulté scolaire et quartiers populaires, on a fort à parier que l’expérimentation ne se fera pas au centre ville. A suivre, de très près.

Toulouse, ville pilote sur la politique sécuritaire, l’école en prend pour son grade.

Cette extension du rappel à l’ordre aux élèves est en cohérence avec la politique sécuritaire de la mairie, du gouvernement et du rectorat, qui s’est notamment renforcé dernièrement avec le « contrat de sécurité intégrée ».

Ce premier contrat, signé le 9 octobre 2020, entre le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, le Premier ministre Jean Castex, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti et Jean Luc Moudenc, engage l’état et la mairie à :

  • Créer 100 postes de policiers municipaux d’ici 2025
  • Doubler les patrouilles de la police municipale dans les quartiers périphériques
  • Installer une centaine de caméras supplémentaires d’ici 2022
  • Mettre en place le rappel à l’ordre des primo-délinquants
  • Mettre en place des permanences de la police municipale dans les mairies de quartier et les maisons de la citoyenneté
  • Créer une unité spécialisée de la police municipale, statique et positionnée dans les endroits les plus sous tensions
  • Faciliter l’installation des policiers nationaux nommés à Toulouse : logement, accueil des familles.

Sud Education 31-65 appelle a ne pas faire remonter les fiches de signalement dans le cadre de ce rappel à l’ordre !

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