Nouvelles du jeudi 9 avril 2020

1) Jean-Michel, t’as deux minutes ?

Ca fait déjà un moment que tes réformes nous prennent beaucoup d’énergie. Faut dire que tu prends ton rôle très au sérieux: entre les CP/CE1 à 12, le flicage des profs et la mise en concurrence des établissements, la précarisation croissante du personnel, la réforme à ton nom, la réforme du bac, la réforme des lycées… Bref, ne remuons pas trop loin c’est trop douloureux. Et pourtant, comme si tu ne nous avais pas assez mis en colère, tu décides, là, maintenant, de réouvrir les plaies, pendant le confinement! Au vue de tes dernières annonces, il nous semble que tes obsessions grandissent. Nous sommes inquiet-e-s, nous sommes en colère et nous ne te laisserons pas faire. Petit topo de tes dernières obsessions:

Obsession 1 : contrôle continu et assiduité au programme

Alors que le ministre affirmait dans les médias il y a encore peu, contre l’évidence, que les examens terminaux du baccalauréat se tiendraient, il a dû se résoudre à les annuler.
Le choix du contrôle continu intégral est un changement de règles en cours d’année, qui portera préjudice à une proportion importante d’élèves.
Cependant le ministre, désavoué à de multiples reprises, communique sur un enseignement qui se poursuivrait jusqu’au 4 juillet, y compris en terminale. L’assiduité deviendrait une condition sine qua non de l’obtention du baccalauréat. À y regarder de plus près, il s’agit bien encore d’un « coup de com’ » car le site du ministère précise seulement à ce sujet que le jury de baccalauréat « tiendra compte de l’ensemble des autres éléments du livret (progression de l’élève, efforts relevés par le conseil de classe, assiduité) pour attribuer les notes définitives ».

Pour SUD éducation la réouverture des écoles et des établissements du 2nd degré ne doit pas s’effectuer tant que la sécurité et la santé des personnels ne sont pas pleinement garanties. La plus grande prudence doit prévaloir en la matière. Le ministre, qui a perdu toute crédibilité, doit cesser d’évoquer des dates de reprise tant que les conditions sanitaires ne le permettront pas.

SUD éducation appelle à délivrer le baccalauréat et le DNB à tou-te-s les candidat-e-s inscrit-e-s en garantissant le redoublement à celles et ceux qui le souhaitent dans leur établissement.

Obsession 2 : maintenir les oraux du bac de français

Parce qu’en plus de tout ça, Jean-Michel a annoncé le maintien des épreuves orales du bac de français pour les élèves de première générale et technologique… Déjà une pétition ici !

Obsession 3 : des notes pendant le confinement

L’autorisation d’évaluations notées, même si elles ne seront pas comptabilisées pour le baccalauréat, pendant le confinement entraîne une rupture d’égalité entre les élèves qui n’ont pas accès aux mêmes outils ni aux mêmes aides. Cela risque d’accroître les difficultés des enseignant-e-s qui essaient de communiquer avec les élèves.

C’est la méthode Blanquer à l’œuvre : des annonces suivies de consignes floues qui conduisent à un renvoi au local entraînant un accroissement des inégalités et des tensions.

SUD éducation revendique pour sa part qu’il n’y ait aucune prise en compte d’évaluation durant cette période.

Obsession 4 : le tri social avec Parcoursup

S’il y a bien une chose que le ministre n’entend pas stopper en cette période, c’est la machine de tri social qu’est Parcoursup. Les candidat-e-s, qui ont déjà entré leurs vœux, avaient jusqu’au 2 avril pour les confirmer et compléter leurs dossiers de candidature. Les enseignant-e-s déjà débordé-e-s par le maintien du lien à distance avec les élèves peuvent difficilement aider les élèves. Les inégalités d’accès au numérique vont se révéler crûment : nombre d’élèves comptaient réaliser ces dossiers dans l’établissement, en utilisant ses équipements informatiques. Et cela renforcera encore les inégalités de remplir ou faire des dossiers quand on n’a pas d’aide.

Cette obstination à vouloir à tout prix maintenir les remontées pour le 2 avril est d’autant plus absurde que les établissements du supérieur ne peuvent trier les dossiers en ces temps de confinement. Il est irréaliste d’envisager qu’ils et elles vont éplucher les milliers de dossiers Parcoursup en plus de leur charge de travail à distance et délibérer à distance.

SUD éducation dénonce cette situation ubuesque et revendique la seule solution qui s’impose en cette période et après : pas de sélection !

Obsession 5 : des cours de rattrapage pendant les vacances et cet été !

SUD éducation a déjà dénoncé les attaques sur les statuts annoncées lors du 1er avril par le ministre : les professeur-e-s volontaires pourront donner – pour le moment sur la base du volontariat – des cours de rattrapage pendant les vacances scolaires.
Lors de son entrevue du 31 mars avec le CNVL, le ministre a affiché sa volonté de poursuivre sur sa lancée en attaquant les congés d’été des personnels – pour le moment encore – volontaires.
Après les “vacances apprenantes” de printemps Blanquer compter lancer des « colonies de vacances éducatives » et des modules de soutien scolaire avec des professeur-e-s volontaires.

Cela prouve une nouvelle fois que le gouvernement se sert de cette crise pour casser toujours davantage les droits des salarié-e-s et attaquer voire démolir le statut du fonctionnaire !

SUD éducation dénonce ces nouvelles attaques inacceptables qui prennent prétexte de la crise sanitaire que nous traversons pour mettre en place toutes les obsessions réactionnaires du ministre.

Pour SUD éducation, l’urgence est d’abord sanitaire : la réouverture des établissements scolaires ne doit pas s’effectuer tant que la sécurité et la santé des personnels n’est pas pleinement garantie. La situation ne doit pas servir d’aubaine à un ministre libéral pour démanteler encore le service public d’éducation et accroître les inégalités sociales.

Obsession 6: la com’, la com’, la com’

Comme le ministre l’a déclaré, « il n’y aura aucune fermeture de classe en milieu rural sans l’accord du maire » et « il faut reconsidérer l’équilibre ouvertures/fermetures en milieu urbain. » On attend de voir… mais dans tous les cas c’est insuffisant, nous demandons et continuerons de demander plus de moyens. Courrier intersyndical à retrouver ici.

2) Lettre ouverte sur la situation des enfants en cette période de crise sanitaire

Malgré tous les discours et toutes les préconisations annoncées, nous constatons des situations très disparates selon les localités et de nombreuses atteintes aux droits sont constatées. Au regard d’un premier bilan plus que pessimiste sur la situation, les organisations signataires  de ce courrier espèrent que de nouvelles mesures, que ce soit sur un plan matériel ou juridique, pourront être rapidement prises pour garantir la protection des enfants et des adolescents durant cette crise sanitaire.

-> Lettre ouverte à lire et à diffuser ici

De plus, des militantes du Planning Familial ont décidé d’écrire une lettre ouverte à Blanquer (encore lui!!) pour diffuser le plus largement possible un message d’information dans lequel se trouve des ressources en cas de violence. L’objectif est de toucher tous les foyers où il y a des enfants, des jeunes scolarisé.e.s en passant par la voie officielle, des enseignant-e-s jusqu’aux parents d’élèves.

Voici une première affiche simple à diffuser largement autour de vous.

Voici ici les courriers à l’intention du Ministre de l’Education Nationaledes syndicats enseignant.e.s , et des associations de parents d’élèves.

3) Les femmes face à la crise

Dans l’Éducation nationale et l’Enseignement supérieur et la recherche, les femmes sont encore une fois en première ligne pour affronter cette crise sanitaire sans précédent. En effet, de nombreuses mères et enseignantes doivent gérer le maintien d’une continuité pédagogique avec leurs élèves et suivre la scolarité et la vie de leurs enfants.

Mise en danger des personnels

Les enseignant-e-s, majoritairement des femmes, ne sont pas formé-e-s au télétravail ce qui rajoute évidemment du travail. Certains recteurs envisagent aussi d’organiser des points relais afin de transmettre des documents pédagogiques aux familles.
→ Or, cette proposition ne s’accompagne pas de fourniture en équipement de protection. De fait, cela augmente les risques de propagation du virus et contrevient aux décrets gouvernementaux.

De la même manière, les agent-e-s d’entretien ou administratif-ve-s, les AED et les AESH, le plus souvent des femmes, doivent parfois faire face à des pressions hiérarchiques tentant de les obliger à venir sur leur lieu de travail.
→ Or, cela les expose bien évidemment à un risque de contamination puisque les équipements de protection manquent, ainsi qu’à la crainte de transmettre le virus à leur propre famille.

Des journées multiples à faire tenir en une

En plus de ce stress, les femmes doivent gérer la vie quotidienne du foyer. Selon une étude de l’Insee effectuée en 2012, les femmes font 72 % des tâches ménagères et prodiguent 65 % des tâches de parents hors période de confinement.
Ces pourcentages risquent fort d’augmenter dans la situation actuelle. Les femmes sont aussi les principales pourvoyeuses d’aide aux personnes âgées qui leurs sont proches. Or, on sait que cette catégorie de population est particulièrement vulnérable au Covid-19.
Cela amplifie le sentiment d’anxiété, cela accroît les risques de burn-out et cela expose les femmes à une forte augmentation de la charge mentale.

SUD éducation :
→ dénonce les consignes floues de Jean-Michel Blanquer qui vulnérabilisent les plus précaires, notamment les femmes et amplifient les inégalités.
→ revendique une réelle prise en compte par les pouvoirs publics des inégalités de genre accentuées en cette période.

Une augmentation des violences faites aux femmes

En cette période de confinement, les femmes victimes de violences conjugales se retrouvent enfermées chez elles avec leur agresseur, sans moyen de fuir. L’augmentation des violences conjugales de plus de 32 % n’a pas suffisamment fait réagir le gouvernement, les mesures prises étant quasi-inexistantes. En Haute Garonne, la hausse des violences intra-familiales est de l’ordre de 83%, comparé à la même période en 2019!

Si le numéro d’écoute des femmes victimes de violences, le 3919 est maintenu, il est réduit. Il sera possible de composer le numéro du lundi au samedi de 9h à 19h. Manifestement, le gouvernement n’a pas jugé bon d’allouer les moyens nécessaires à la protection des femmes 24h/24.
Deux nouveaux dispositifs ont été mis en place : les femmes peuvent envoyer un SMS au 114 ou alerter les pharmacien-ne-s sur une situation de violence, en demandant un « masque 19 ». Les pharmacien·ne·s devront alors prévenir les forces de l’ordre.
Pour autant, les places en centre d’hébergement d’urgence n’ont pas augmenté et rien n’a été mis en place au niveau national pour accueillir les femmes victimes de violences. Or, les places sont déjà manquantes tout au long de l’année et avec un ou plusieurs enfants à charge, le problème se complique.

Le droit à disposer de son corps menacé
pendant la crise sanitaire

Suite à l’entreprise de destruction du service public de santé organisée par le gouvernement, le droit à l’Interruption Volontaire de Grossesse ne cesse d’être menacé, notamment par la fermeture de centre IVG, ou encore par la forte diminution des moyens alloués au centre de plannings familiaux. Alors que la crise sanitaire fait rage et que le gouvernement a ordonné des mesures nécessaires de confinement, le Sénat a rejeté l’amendement pour l’allongement du délai d’IVG.
Le droit à l’IVG reste un droit fondamental pour toutes les femmes, même en période de crise. La pratique des IVG est maintenue. Néanmoins, les femmes vont devoir faire face à des perturbations déjà constatées. Selon le décret paru au Journal officiel le 15 mars 2020, les pharmacien-ne-s sont autorisé-e-s à délivrer la pilule contraceptive sans renouvellement d’ordonnance. Les tests de grossesse et pilules du lendemain sont également accessibles en pharmacie.

4) La crise sanitaire ne doit pas être une excuse pour ne pas payer les vacataires!

Sans les vacataires, nous le savons, l’enseignement supérieur s’effondre. Et pourtant, les dernières recommandations du ministère sont ahurissantes!

Il faut le voir pour le croire, et c’est par ici !

5) Lettre ouverte de la Campagne de Réquisition d’Entraide et d’Autogestion – CREA

« Nous, membres de la Campagne de Réquisition d’Entraide et d’Autogestion, réquisitionnons plusieurs bâtiments des villes de Paris et Toulouse, depuis plus de 9 années. Ces bâtiments sont nos maisons, où depuis peu, se « confinent » plus de 250 personnes, dont plus de 60 familles avec enfants. Sans logements, souvent sans papiers, pauvres et précaires, pris dans le labyrinthe des institutions, nous avons décidé de nous organiser ensemble, déterminés à vivre dignement et par tous les moyens nécessaires. […] «

-> lire la suite ici

6) COVID-19 : le gouvernement doit cesser les mensonges généralisés et la casse rampante de notre système de santé !

Depuis le début de la crise sanitaire du COVID-19, la Fédération SUD santé sociaux et l’union syndicale Solidaires dénoncent la gestion catastrophique par le gouvernement, notamment sur la question de la fourniture de tout le matériel nécessaire à la protection des personnels des établissements sanitaires confronté·es à la prise en charge des personnes atteintes par le virus. Mais aussi l’ensemble des salarié·es des secteurs essentiels.

La suite ici !

7) Les travailleur-se-s précaires de la culture ne doivent pas être laissé-e-s pour compte !

La période actuelle nous montre l’impérieuse nécessité des services publics et des droits sociaux. SUD Culture Solidaires dénonce l’utilisation de rhétoriques guerrières justifiant la destruction du droit du travail et autres injonctions de travail à tout prix – c’est de coût humain dont il est question, ne l’oublions jamais. Les grands discours ne doivent pas rester sans suite, et des mesures fortes et radicales doivent absolument être prises pour favoriser un réel partage du bien commun.
Vous trouverez ici le texte que SUD Culture Solidaires a adressé au ministre de la Culture le 8 Avril 2020.

#Plus jamais ça !

Texte à lire & pétition à signer ici

-> version locale à venir

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