Grèce : face aux expulsions, à la répression, Solidarité !

La droite conservatrice est au pouvoir en Grèce. Outre la poursuite des mesures d’austérité, toujours plus violentes, Mitsotakis et son gouvernement, composé entre autre de ministres d’extrême droite, se lance dans une chasse aux migrant.e.s et attaque les milieux anarchistes et d’extrême gauche.

« »Nettoyer» Exarcheia, quartier historique de la contestation à Athènes, voilà l’objectif affiché du nouveau chef du gouvernement grec. Exarcheia a toujours été un espace d’expérimentation politique où l’on lutte contre le capitalisme et l’État qui le sert. Il abrite de nombreux centres sociaux autogérés et de nombreux squats accueillants précaires et étranger.e.s. Pour faire face à la crise économique, au système de santé défaillant, toute une solidarité s’y est organisée. Depuis 2015 des milliers de personnes, fuyant leur pays pour cause de guerres militaire, civile, économique…abandonnés par une Europe forteresse, confrontées à la montée de la xénophobie et du racisme,arrivent en Grèce. S’y est alors développé un important mouvement d’occupations solidaires que Mitsotakis et son gouvernement souhaitent aujourd’hui détruire.

C’est tout le quartier qui est aujourd’hui sous occupation policière, encerclé par de nombreux bus de CRS (MAT), des jeeps de la police antiterroriste (OPKE), des voltigeurs (DIAS), des membres de la police secrète (asfalitès), ainsi qu’un hélicoptère et plusieurs drones. Des militants d’aube dorée,organisation pro-nazie, ont été vus aux cotés de la police. Ces forces de police ont d’ores et déjà délogé 4 lieux occupés, procédé à une centaine d’arrestations et à des attaques de squats (vitrines brisées, gaz asphyxiants) et envoyé 150 réfugiés dans des camps de rétention.

A Lavrio, à quelques kilomètres au sud d’Athènes, se trouve le plus vieux squat de migrants de Grèce. Il est autogéré par le mouvement Kurde depuis une trentaine d’année. 600 personnes fuyant majoritairement la Syrie et la Turquie y vivent en attendant de rejoindre le nord de l’Europe. Depuisquelques années la municipalité de Lavrio fait part de son intention de fermer le camp pour un faireun complexe hôtelier. Avec l’arrivée au pouvoir de Mitsotakis et de son gouvernement de droite conservatrice, la menace est aujourd’hui plus que sérieuse.

En octobre 2018, une délégation Solidaires (constituée de syndiqué.e.s de Sud Education 31-65 et 93) a été mandatée pour un convoi de matériel à destination du camp de Lavrio. Co-organisé avec des syndicalistes de la CGT Energie et le Centre démocratique kurde de France (CDKF), le convoi aété également rejoint par un représentant des Amitiés kurdo-bretonnes. Au delà de l’aspect matériel et humanitaire, ce convoi poursuivait bien un objectif politique. Il a était un moyen de renforcer nos liens internationalistes avec le mouvement kurde engagé dans une lutte anticapitaliste et pour le droit à l’auto-détermination des peuples, de même qu’il rapproche notre mouvement syndical de celui qui s’oppose au régime autoritaire et libéral d’Erdogan en Turquie. En octobre 2019, afin de poursuivre ce lien avec le mouvement kurde et d’anticiper une éventuelle expulsion du camp de Lavrio, un nouveau convoi est préparé par le CGT Energie et le Centre des amitiés franco-bretonnes. Un camion de 43 tonnes affrétant des denrées alimentaires et du matériel médical arrivera à Lavrio à la fin du mois d’octobre. Des actions pour créer de la solidarité entre les habitant.e.s du camps et les habitant.e.s de Lavrio sont prévues.

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