« Fières, venere, pas prêtes à se taire ! » Retour sur la manif du 25 novembre

Hier, la manifestation annuelle contre les violences faites aux femmes et les violences de genre avait une tonalité particulière. Elle s’inscrivait dans un contexte de durcissement et d’institutionnalisation des violences sexistes, à l’échelle mondiale. Cette année, la journée d’hommage aux personnes trans assassinées, habituellement célébrée le 20 novembre, a été décalée de cinq jours, pour rejoindre la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Cette union, historique, se reflétait dans la manifestation toulousaine – ayant rassemblé 5000 personnes. Un cortège important a quitté le Capitole pour rejoindre Jean Jaurès, aux sons d’une fanfare exceptionnelle, et de slogans aussi politiques que drôles : « Qui va faire la vaisselle ? Nous on fait la révolution ! » mais aussi « Darmanin, Macron, démission ! » et appel à la grève – et à la guerre – des femmes. Combativité, joie, paillettes, musique et radicalité : une vraie manif dynamique. Le slogan de cette année, « Fières, venere, pas prêtes à se taire », était illustré par une série de portraits immenses, portés avec dignité et constance par les manifestantes.

Place Jean Jaurès, nous nous sommes assises et avons écouté des prises de paroles, évoquant le cas de Jenyfer, trans emprisonnée à la maison d’arrêt de Muret avec les hommes, pour avoir résisté à son violeur, mais aussi les récupérations de lieux symboliques et autres luttes féministes au Mexique, ou encore la situation dramatique des travailleuses du sexe après le confinement. Puis le beau chant mexicain contre les féminicides, « Cansion sin miedo » (Chanson sans peur), hommage et appel à la rébellion, a été entonné par une chorale, accompagnée d’une basse et rapidement suivie par toutes les présentes.

La manif est ensuite repartie, plus déter que jamais, en direction de François Verdier. La Batucada rythmait nos pas, les publicités sexistes tombaient sur notre passage, il y avait des sourires derrière les masques. Arrivées au Monument aux morts nous nous sommes assises et avons écouté en silence la liste interminables des femmes, cis et trans, tombées sous les coups de la violence de genre. Puis un cri libérateur. L’Assemblée permanente « Toutes en grève » a souligné la provocation que représentait le déploiement massif et hors de toute proportion du dispositif policier ce soir-là, nous encerclant et gardant absurdement le monument au morts, alors que c’est nous qui étions un monument aux mortes. Elle a aussi appelé à la mobilisation du 8 mars, grève du travail productif, reproductif, domestique et salarié. Après de nouveaux chants et de nouveaux cris, nous avons fini par quitter la place, tandis que dans l’indifférence générale, un Bleu excité du mégaphone osait faire une sommation, menace de l’usage de la force, à une assemblée mobilisée contre la violence.

Les policiers ne craignent aucun non-sens, aucune provocation.

En partant, nous leur avons dit « à demain ».

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