2005 La bataille du NON

jeudi 27 février 2014
par  gilou

2005 : la bataille du non

Nous nous somme trouvés rapidement jetés dans le feu de l’action contre le projet de Traité Constitutionnel Européen, suite à la réunion du forum Résister, fin 2004, où Yves Salesse a développé les bases de l’appel des 200.
Le premier problème auquel nous avons été confrontés a été notre participation au collectif qui se mettait en place sur Toulouse. En effet, si des organisations politiques avaient tout de suite « enfourché » le cheval, le mode de décision que nous avons au niveau syndical nous a « obligé » à être pour un temps en dehors du coup. Nous avons alors décidé d’y participer comme observateurs en attendant les décisions de nos instances respectives.
Les débats dans nos syndicats, nationalement… et à Toulouse**

Pour l’ensemble du mouvement syndical, le terrain politique apparaît comme quelque peu miné. Cela n’est pas forcément lié à la Charte d’Amiens (quelque peu oubliée dans les formations et les têtes syndicales) mais plutôt à des années d’inféodation du syndicalisme à certaines organisations politiques d’un côté, et à un apolitisme complaisant de l’autre. Cela a entraîné une logique d’indépendance ou « d’autonomie » qui n’étaient pas forcément des plus progressistes, voire qui pouvait prêter le flanc à des dérives inquiétantes dans certaines organisations.
Le choix que nous avons fait, tant au niveau local que national n’était pourtant pas tombé du ciel. Nos positions sur Maastricht, sur la guerre en Irak, notre participation dans les forums sociaux au niveau mondial ou européen relevaient d’une logique, où pour nous il n’était pas question de séparer les « deux besognes » mais où notre syndicalisme avait toute sa place dans le débat.
Dans ce cadre, il était évident que nous devions nous regrouper et travailler avec tous ceux qui étaient porteurs d’une même plate-forme, en bref d’un non anti-libéral dont l’appel des 200 était le reflet. Cela était d’autre part en concordance avec tout ce que nous avions fait auparavant à Toulouse.
Le problème plus complexe était que nous nous trouvions, là, confrontés directement au jeu politique (les urnes étant au bout) et que donc à l’inverse de la sécu ou des retraites, les ambitions ou envies des uns et des autres s’exacerbaient… d’autant que certains se positionnaient, directement ou non au delà du référendum.
Dès le démarrage du comité, plusieurs enjeux apparaissaient, ce qui s’est traduit par des débats sans fin, non pas tant sur le fond (nous y reviendrons plus tard), que sur la forme (place des intervenants nationaux par rapport aux « locaux », importance du meeting par rapport aux actions plus basées sur le terrain (réunions publiques, caravanes…)
Pour nous, n’ayant aucun intérêt électoral à court ou long terme, notre logique a toujours été de :

maintenir l’unité du collectif avec la diversité de ses composantes ;
permettre un travail commun où les différentes composantes du mouvement apprennent à travailler ensemble ;
coupler le travail traditionnel des politiques (meeting, affichage, tracts d’appel au vote…) avec les nouvelles formes de débat, issues des forums sociaux et déjà expérimentées lors du débat sur la sécu, faisant plus appel à la réflexion et à la confrontation d’idées. Dans ce cadre, nous ne voulions pas refuser l’intervention de ceux qui n’étaient pas membre d’une organisation nationale (même si leur intervention n’était pas aussi médiatique), tout en essayant de faire en sorte que le meeting n’apparaisse pas trop comme un patchwork indigeste. De même, nous avons joué le jeu à fond sur le meeting, y compris financièrement et en terme d’investissement humain, tout en valorisant le rôle sur le terrain des collectifs qui se sont créés en maints endroits sur le département et en permettant à d’autres formes d’apparition d’exister dans le collectif (caravanes, débats au ciné Utopia…). Il a parfois, voire souvent, été difficile de sortir des documents communs. Après moult difficultés, nous avons pu sortir 4 tracts communs, dont un 4 pages, une affiche, des badges et des autocollants. Dans chaque cas nous sommes intervenus pour :
appuyer sur la dimension sociale et anti-libérale de notre combat contre ce projet de constitution, en refusant les côtés les plus souverainistes ou républicanistes qui pouvaient apparaître ;
essayer d’arriver à un consensus entre la logique « slogan » et la logique plus « explicative », c’est.-à-dire entre l’appel à la colère et l’appel à la réflexion ;
arriver à une logique commune qui permettait aux diverses composantes du comité de se revendiquer au moins autant de ce travail collectif que de leur appartenance organisationnelle. La décision collective, dans chaque cas, même fastidieuse, a permis globalement à tous d’avancer et d’avoir une cohérence interne et externe du collectif. Il y aura deux gros meetings, le 13 mai d’abord avec 6000 personnes au Hall 5. Ce meeting aura un retentissement national car en même temps avait lieu en région parisienne un meeting de la droite avec seulement 2500 personnes. Le meeting du « comité du 29 mai »le 12 décembre 2005, 1700 personnes hall 1 du parc des expos.

Quel fonctionnement**

Dans ce cadre, un vieux débat a ressurgi qui implique des discussions et qui, dans le cadre d’une victoire du non pourra avoir des répercussions : le comité est-il un cartel d’organisations, un collectif d’individus ou un mélange des deux ?
Ce débat, à Toulouse, avait traversé tant l’organisation des forums sociaux que surtout le collectif de défense de la sécu ou, à fortiori, PJC. De fait, il repose sur une contradiction entre :

d’une part l’efficacité immédiate (un cartel fonctionne plus rapidement et peut trancher plus vite… quoique…) et une régulation plus simple de la distribution des « pouvoirs » ;
- d’autre part, une participation plus grande de personnes et de collectifs, même si le fonctionnement en est quelque peu alourdi, et la prise de décision plus difficile. Lors de cette campagne, de fait, le fonctionnement a tendu, progressivement, vers la première forme (cartel) au niveau départemental, les comités locaux faisant le travail de terrain au plus près de la population. Il faudra voir, à terme comment le travail des groupes locaux pourra s’articuler avec ce fonctionnement départemental. Pour nous un collectif d’organisations au niveau départemental, en lien avec le national et regroupant des représentants des collectifs locaux devrait être la structure de coordination. Les collectifs locaux étant la force de proposition et d’action, regroupant militants locaux des organisations et les citoyen(ne)s. Des AG étant convoquées de temps en temps pour les décisions importantes et pour éviter des dérives.

Un bilan positif

Le travail fait en commun avec des forces qui avaient jusqu’à présent plus manié la défiance que la confiance montre que des possibilités existent de construire une réelle force alternative, un réel mouvement social dans lequel syndicats, organisations politiques et associations arrivent à travailler ensemble.
De ce travail, avec la victoire du non, c’est l’étape suivante qu’il nous faut envisager, et notre but est que le « tripode » syndicat/associations/partis se maintienne pour créer un réel mouvement social en évitant la prédominance de la politique « traditionnelle » et des enjeux partidaires dont nous avons déjà trop souffert à Toulouse et ailleurs.
Une série d’initiatives, tracts, réunions eurent lieu sur l’ensemble du département. Une fois par semaine, le mardi soir, le comité se réunissait à Bagatelle dans les locaux de Solidaires pour préparer le travail et mettre en œuvre tracts, affichages….
1er mai : débat prairie des Filtres
12 mai : un meeting énorme avec des représentants de toutes les organisations participantes, même si ça été dur à caser.
29 mai : victoire du non, fêtée allée de Barcelone, puis place du Capitole… ou un militant de SUD PTT à tenu son pari en défilant nu (un slip tout de même) après avoir dit « on ne perd jamais un référendum » et lançant un vibrant appel à la défense des postiers de Bordeaux lourdement sanctionnés
Dans la foulée, participation à la fête de l’Huma, meeting allée de Barcelone avec les forces vives du Non au niveau national…
Dès juillet 2005, ce sont les ordonnances Villepin, et notamment le CNE (contrat nouvelle embauche) et le CPE (contrat première embauche) … on en reparlera…

Dès la victoire du NON, nous avons essayé de maintenir l’unité en :

essayant d’avoir une plate-forme commune, qui devra être débattue et portée par les comités créés un peu partout en France, comme le nôtre à Toulouse.
tisser des liens avec les autres pays européens, les forces syndicales et politiques, les forums sociaux pour créer un réel mouvement social européen, une alternative au niveau de l’Europe.
maintenant le comité 31 et les collectifs locaux. Au niveau toulousain, il était pour nous important de maintenir notre comité en en faisant le creuset d’une alternative sur le département, en lien, bien sûr, avec le travail fait au niveau national. Nous disions : « Le NON a pu gagner sur la base du travail fait par l’appel des 200, mais s’est nourri des luttes sociales et syndicales de ces dernières années : forum européen, retraites, sécu, luttes contre les privatisations et pour la défense des services publics… Il faut aujourd’hui s’appuyer sur cette victoire pour relancer les luttes sociales. La possibilité d’une alternative, la construction d’une autre Europe ne pourra se faire sans une relance des luttes sociales, ici et au niveau européen. Sans rapport de force, le risque d’un dévoiement de notre vote serait évident. L’unité réalisée pendant la campagne entre syndicats, associations et partis doit se maintenir dans les collectifs, mais aussi sur le terrain des luttes. » Nous avons donc continué à nous réunir à travers le comité du 29 mai pour mettre en place une plate-forme.


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