2004 La non bataille de la sécu

jeudi 27 février 2014
par  gilou

2004 : la non bataille de la sécu

Dès fin 2003, nous savions qu’un des enjeux principaux serait la contre-réforme de la sécu. Dès le début 2004, des fiches techniques sortiront du national, ainsi que des données fournies par Attac, Coperrnic et le site d’Husson « tant qu’on a la »
Le 4 février, une formation sécurité sociale aura lieu à la cité administrative dont le but n’était pas seulement de comprendre la réforme, mais aussi de savoir l’expliquer dans des Heures Mensuelles d’Information ou des réunions publiques.
Une réunion publique d’ATTAC aura lieu le 4 mars, qui lancera de fait les comités de défense de la sécu.
Le 13 mars, la mobilisation place du Capitole avec l’intersyndicale a été un échec relatif. Il apparaît difficile de mener des mobilisations à la hauteur de ce qui est nécessaire au vu de l’ampleur des attaques gouvernementales ; le poids de la défaite sur les retraites se fait sentir.
Avec ATTAC, nous essaierons de tout faire pour que des comités de défense de la sécu se mettent en place, le plus largement possible. Nous proposerons, en plus des réunions publiques…de faire des réunions entre midi et deux dans des zones industrielles et un forum le 1er mai après la manif, à la prairie des Filtres.
Ceci étant, dans le collectif toulousain, deux débats seront à mener :

débat citoyen ou grève ? Un certain nombre de militants, notamment d’Attac, pensent que la grève ne sert à rien (cf 2003) et que les débats citoyens suffisent. Nous combattrons bien sûr cette idée en expliquant que c’est l’interaction des deux qui permettra de gagner…
faut- il ou non les partis dans le comité. Là aussi le débat fut compliqué, y compris à Solidaires. Nous partîmes du principe que tous avaient leur place, s’ils respectaient les règles communes que nous nous fixions. Le 1er mai, le comité de la sécu apparaîtra et organisera après la manif des débats à la prairie des Filtres. Dans cette période, dans les entreprises, les quartiers, les villes du département, de nombreux débats seront menés. Le 15 juin, aux côtés des grévistes d’EDF, place du Capitole, seuls la CGT et Solidaires appelaient à continuer le combat. Pour le 29 juin, un appel à défendre la sécu a été fait au niveau national. Dans ce cadre, nous comptions que les organisations syndicales départementales qui voulaient continuer le combat se réunissent pour décider des modalités de cette riposte. Cette réunion n’a pas été possible et chaque organisation a, de manière solitaire, pris ses décisions. Si cette réunion avait eu lieu, nous aurions proposé un grand meeting-débat à la bourse du travail pour discuter :
de l’impact des mesures sur la sécurité sociale ;
de la riposte à construire à court et à moyen terme. Nous voyions que le gouvernement, depuis des mois, rognait peu à peu sur tout ce qui avait été construit par le Conseil National de la Résistance et les luttes sociales, pour revenir à la jungle libérale du XIX° siècle. Ce sont la protection sociale, le code du travail, les services publics… qui se trouvent tour à tour démantelés. Des structures unitaires comme les comités de défense de la sécu, le comité contre la précarité… peuvent servir de creuset à cette unité avec les syndicats qui refusent cette dégradation sociale. Solidaires 31 appellera à participer, en fonction des possibilités à toutes les manifestations qui auront lieu le 29 juin (afpa:10h30 à la préfecture ; DDE et EDF : 14h 30 à Jean Jaurès) et à participer à une réunion débat à l’ENSEEIHT, rue Camichel à 18h avec la FSU et ATTAC. Le comité de défense de la sécu sera invité. Cette multitude d’initiatives, éclatées, ne traduit pas une effervescence sociale, mais les contrecoups de la défaite de 2003 sur les retraites. C’est le 13 août, en plein été, comme d’habitude que sera voté à l’assemblée la contre réforme de Douste- Blazy. Le comité de défense de la sécu appellera à une réunion-débat au Mirail pour mener le combat et résister. En 2004, aussi, en mars, le congrès extraordinaire du SPASMET vote son adhésion à l’union syndicale Solidaires après un débat long et démocratique, en ayant rencontré la FSU, la CGT et Solidaires. Très vite, il participera au travail et aux débats de l’union.

Retraites, sécu : deux batailles perdues

Mais, les deux batailles sur les retraites et la sécu vont poser plusieurs interrogations nouvelles, concernant au plus haut chef le mouvement syndical, mais touchant sur le fond l’ensemble de la société française.
• les retraites
La bataille sur les retraites s’était menée dans un cadre unitaire au niveau syndical, même si certains ne se servaient de cette unité dans la lutte que pour mieux l’étouffer. C’est pour cela que nous avons participé activement à la mise en place de » No Raffaran « qui s’appuyait sur la force du mouvement de grève dans l’éducation nationale. Ce que certains ont souligné dans notre échec à développer la grève générale est l’absence de perspective politique, point relayé par FO et la CGT. Encore faut-il constater les divergences de l’ex-gauche plurielle sur ce terrain… ce que l’on reverra pour la sécu.
Cette bataille, si elle nous a permis de tisser un certain nombre de liens, a eu plusieurs effets contradictoires : effritement du cadre unitaire intersyndical, recul de l’idée de la grève générale, démoralisation de camarades… Mais en ayant permis à plusieurs de se confronter (collectifs locaux, discussion sur la grève générale…), elle a permis de poser autrement les liens entre syndicalisme, mouvement social et alternative politique.
• la sécu
Le combat pour la défense de la sécu s’est mené dans une configuration totalement différente. Le cadre unitaire avait explosé : mutuelles et syndicats gestionnaires des mutuelles ayant une approche différente de la ligne de défense de la sécu dont étaient porteurs la CGT, la FSU et Solidaires.
La mobilisation qui n’a pas été porté réellement par le mouvement syndical (pas une seule journée de grève !) a de fait reposé essentiellement sur le comité de défense de la sécu où se retrouvaient Solidaires, la FSU et plus ou moins la CGT, des organisations politiques et surtout le mouvement ATTAC.
Un réel travail d’information a été mis en place, quelques mobilisations ont pu avoir lieu, mais jamais le lien entre le travail du collectif et le mouvement syndical n’a permis de peser sur les décisions gouvernementales.
Mais, là aussi, des aspects contradictoires apparaissent :
• une fois de plus la question du politique apparaît et l’urgence d’une autre logique devient évidente (ce n’est pas un hasard que du collectif sécu soit issu le forum « résister », qui sera aussi le point de départ de la campagne pour le Non au Traité Constitutionnel Européen avec l’intervention de Salesse au nom de la fondation Copernic. Le « refus » de se mobiliser pour la sécu de la part des confédérations, les hésitations de l’ex gauche-plurielle en ont rajouté sur ce point ;
• le rejet du modèle libéral, qui a imposé les réformes des retraites et de la sécu, a « obligé » les divers participants à se poser le problème du « politique », ce que déjà, le forum » résister » avait pointé. En clair, à l’issue des batailles 2003-2004, chacun se posait la question de comment rebondir, d’autant que derrière les pièces maîtresses qu’étaient la réforme des retraites et de la sécu, une série de réformes (justice, chômeurs, droit du travail…) avaient continué à développer le programme libéral pro-MEDEF en France.


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