2003 : Recomposition syndicale ?

jeudi 27 février 2014
par  paslaniici

2003 : Recomposition syndicale ?

La notion de recomposition syndicale recouvre les mouvements qui animent traditionnellement et régulièrement le paysage syndical français marqué par la division, l’émiettement, facteurs d’affaiblissement tant dans le privé que dans le public (rappel de l’éclatement du G10 originel, de la FEN etc..).
Les Syndicats Solidaires sont au cœur de cette problématique, et de façon particulièrement aigüe depuis le mouvement du printemps 2003 et son échec contre la réforme des retraites.
Le mouvement de 1995 avait vu des équipes entières CFDT quitter cette organisation et créer plusieurs syndicats SUD. Depuis 2000, ce mouvement s’est ralenti, pour reprendre de la vigueur après le mouvement contre la réforme des retraites, Les départs nombreux de la CFDT se font, pour une part importante, vers la CGT, voire la FSU ; les équipes partantes ont en effet le souci de conserver un outil syndical opérationnel.
En 2003, la CFDT trahit pour la deuxième fois sur la question des retraites. Il était donc important de voir ce que ferait la partie de la CFDT qui avait préféré continuer la bataille en interne après 95. L’opposition interne à la CFDT, outil pour l’unité et confrontée au sinistre bilan des confédérations de la CFDT mais aussi de la CGT, serait- elle capable d’offrir aux équipes une proposition en lien avec ses années de bataille interne. En réalité, l’opposition n’existait plus, elle avait été considérablement affaiblie par le passage de bon nombre d’équipes syndicales à SUD après le conflit de 1995 et chacune des équipes syndicales a choisi en fonction de ses propres intérêts, pas toujours politiques. Une partie importante viendra à Solidaires. Une autre partie ira à la CGT (cheminots, commerce, l’UD Pays de Loire…), d’autres créeront la FSU hors éducation nationale. A la défaite sociale de 2003, s’ajoute l’incapacité des courants syndicaux « gauche » de proposer une sortie syndicale par le haut sanctionnant les pratiques des deux grandes confédérations CGT et CFDT (voir annexes17).
La non-représentativité de SOLIDAIRES était un handicap extrêmement lourd, rebutant de nombreux candidats à la création de nouveaux syndicats. Les points forts de SOLIDAIRES sont son implication dans le mouvement altermondialiste, les mouvements sociaux, sa volonté unitaire (collectifs, associations). Il est évoqué l’assimilation fréquente entre ATTAC et SOLIDAIRES qui en serait le volet syndical, en particulier pour de nouveaux adhérents.
CGT : la volonté affichée d’aller vers une politique plus réformiste justifie le rapprochement avec la CFDT (illustration au niveau européen par l’adhésion à la CES) mais génère des remous parmi une partie de la base attachée à un syndicalisme de contestation (cf signature de l’accord sur la formation).
Cette crise n’apparaît pas déterminante, Bernard Thibault apparaissant comme celui qui a su gérer l’opposition à la réforme des retraites (temps forts plutôt que grève générale), mais ce recentrage va générer de fortes frustrations, répression interne et départs de la CGT que SOLIDAIRES doit être en mesure d’accueillir.
UNSA : l’importance et la rapidité de son développement surprennent. L’UNSA s’est attachée à repérer et récupérer plusieurs petits syndicats corporatistes en leur apportant services, assistance juridique. Cette organisation a le soutien du PS.
Certains syndicats de Solidaires (SU Caisse d’Epargne, snmsac) ont rejoint l’UNSA avec un effet en termes d’affichage ( seuls les “ gauchistes ” demeurant à SOLIDAIRES).
Mais cela est aussi une clarification, ces syndicats corporatistes étant très loin de notre syndicalisme.
FSU : les départs de la CFDT vers la FSU posent un problème fondamental à SOLIDAIRES quant à son avenir. La FSU s’est avérée être l’organisation avec laquelle SOLIDAIRES a pu mener des actions communes au regard d’une identité de valeurs. Cependant, son dernier congrès a posé plusieurs axes d’orientations, sans trancher en faveur de l’un d’eux, dont fédération de fonctionnaires ou au contraire sortie du champ de la fonction publique pour se développer vers le privé.
Cette problématique est illustrée, au plan local, par l’hésitation des sortants de la CFDT à Météo France. (Ceux-ci décideront de rejoindre Solidaires en février 2004, lors de leur comité national)
A ce constat, il est exprimé le regret que le CLUI n’ait pu fonctionner plus intensément, notamment en raison de controverses internes à son sujet, tant à Solidaire 31 qu’à la FSU ; il aurait pu, en effet, constituer une structure d’accueil pour des équipes syndicales quittant une organisation confédérée et ayant besoin d’un temps de réflexion pour prendre une décision d’adhésion ailleurs.


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