Nouvelles du jeudi 30 janvier 2020

1) La lutte continue à Toulouse et ses alentours…

  • Mobilisé-e-s depuis 4 semaines, environ 400 avocat-e-s sur les 1 700 du barreau de Toulouse ont bloqué le Palais de Justice mardi 28 janvier dès 13h,  jusqu’à ce que toutes les audiences soient renvoyées. Tous les accès étaient surveillés par de groupes d’avocat-e-s, l’entrée principale était noire de robes et des banderoles étaient déployées et les slogans bien connus de la lutte étaient repris, au rythme des klaxons des véhicules passant par là.

  • Une soixantaine de cheminot-e-s ont mené une action symbolique mercredi matin à 8h30: déposer leurs outils de travail sur le parvis de la gare. Casquettes de contrôleurs, gilets, sifflets, drapeaux, tout y était!
  • La manifestation nationale interpro de mercredi 29 s’est élancée de St Cyprien à 10h
  • Dès midi, la commission action interpo avait organisé le blocage des Galeries Lafayette. C’est ainsi qu’une grosse centaine de militant-e-s ont envahi les locaux pendant trois heures. Au menu: redécoration des lieux, AG décisionnaire à l’intérieur, revendications telles que des propositions de couper le chauffage, éteindre les lumières pour le climat, s’entretenir avec la dirlo aussi pour s’assurer que les pertes engendrées par l’occupation ne retombent pas sur les salarié.es, invitation à la directrice de s’exprimer au micro (surprise : elle a refusé), héberger les familles de la rue Roquelaine, et faire venir la député responsable du projet de réforme des retraites.

A 15h, suite à l’intervention policière, les militant-e-s sont sorti-e-s et en avant pour une petite manif! En attendant, les galeries n’ont pas ré-ouverts leurs portes de la journée…victoire!!!

-Des nouvelles de la répression à Rodez:
Pour rappel, 6 militant-e-s ont été convoqué.es en audition libre au commissariat de Rodez pour entrave concertée avec menace à l’exercice de la liberté du travail commise le 14 janvier.

Pendant l’audition, chacun.e est informé.e que le PV est requalifié en entrave à la circulation de véhicules scolaires et que la compagnie Ruban Bleu réclame une amende de 15 000€.

Un camarade est aussi convoqué pour entrave à la circulation des véhicules sur la voie publique commise le 17 décembre. Il s’agissait d’un blocage filtrant d’un rond-point auquel 5 d’entre eux-elles participaient mais, seul lui a été entendu.

Deux autres ont également été entendu.es sur une affaire de manifestation sauvage le 5 décembre (à laquelle un des deux ne participait pas) et pendant laquelle un flic a glissé sur une banderole des manifestant.es et s’est cassé la jambe (sans violence des manifestant.es).

& le lien vers un article de presse qui souligne la super cohésion du rassemblement de soutien.

Communiqué intersyndical publié à la suite de cette histoire:

« Cette tentative d’intimidation policière et judiciaire n’est pas neutre quand on sait que, dans le département, de nombreuses mobilisations ont eu lieu en d’autres temps, et qu’elles n’ont jamais conduit à ce type de convocations: la préfecture aurait-elle oublié les barrages, blocages et manifestations explosives des agriculteurs, pour ne prendre qu’un exemple? Cette tentative d’intimidation policière et judiciaire a pour but de faire taire ce mouvement et d’imposer les contre-réformes de régression sociale du gouvernement malgré une mobilisation nationale historique. C’est peine perdue : la mobilisation du 23 janvier l’a de nouveau démontré : nous ne lâcherons rien, ni les actions, ni les manifestations, ni la grève. Nous manifesterons encore et encore. Nous organiserons de nouvelles actions fortes de blocage économique ces jours-ci et les jours d’après. Et nous appelons tous celles et ceux qui veulent combattre cette casse du système de retraites, à s’organiser collectivement. »

2) … mais pas que !

– Mobilisé-es et toujours aussi déterminé-es: communiqué interpro national

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, MNL, UNL se félicitent de l’importance des mobilisations pour le retrait du projet de réforme des retraites du Gouvernement. Le soutien de la population au mouvement social s’amplifie, des initiatives unitaires sont prises sur tout le territoire, les journées de grèves et de manifestations du vendredi 24 et du mercredi 29 janvier ont encore rassemblé des centaines de milliers de personnes. C’est la preuve d’un rejet massif des propositions portées par le Gouvernement.

Voir la suite du communiqué ici .

– SUD éducation dénonce la répression qui s’abat sur les grévistes de l’Education

Le ministre de l’Éducation nationale impose par la force ses projets réactionnaires et libéraux. Ses réformes sont systématiquement combattues avec force par les personnels : Parcoursup, réformes du lycée et du bac, loi Blanquer… Désormais, c’est la mise en œuvre des épreuves communes de contrôle continu contre lesquelles les personnels de l’éducation se mobilisent. Chaque jour, la petite phrase de Blanquer sur le prétendu soutien de 99,9 % des enseignant-e-s qui le soutiendraient se révèle plus ridicule. Le gouvernement utilise désormais tout l’arsenal répressif à sa disposition contre les personnels dans l’espoir de faire taire la contestation.

Menace et tentatives d’intimidation

La hiérarchie multiplie les menaces et les manœuvres d’intimidation. Le recteur de l’académie d’Aix-Marseille écrit ainsi une circulaire aux chef-fe-s d’établissement dans laquelle il menace implicitement les personnels qui font usage de leur droit de grève, dans une rhétorique aussi infantilisante et paternaliste que méprisante :

Compte-tenu du contexte, je vous demande, dans les jours prochains, à titre préventif, de rappeler, avec pédagogie mais si besoin avec fermeté (laquelle est le sel de toute vraie pédagogie), ces principes dont certains semblent ignorés de divers enseignants entrés dans une logique de rébellion qui est la négation complète du statut de fonctionnaire. Soyez attentifs aux plus jeunes, moins expérimentés et qui peuvent, eux aussi, être manipulés par d’autres plus âgés et qui, avec l’âge peuvent perdre et la sagesse et le courage.

Ce courrier est un ordre direct donné aux personnels de direction de recourir à la menace et aux pressions, dans la droite ligne des propos du ministre lui-même qui appelle à sanctionner les grévistes.

Poursuites disciplinaires et pénales

Comme les pressions ne suffisent pas à démobiliser les personnels, la hiérarchie recourt à l’arsenal ouvertement répressif.
À Clermont-Ferrand, à Rodez, à Montbrison et ailleurs, les poursuites contre les collègues sont réelles et nous devons les combattre.

Ces tentatives d’intimidations disciplinaires, policières, judiciaires ont pour but de faire taire ce mouvement et d’imposer les contre-réformes de régression sociale du gouvernement malgré une mobilisation nationale historique.

SUD éducation exige le retrait des plaintes et la fin des pressions et intimidations sur les personnels de l’Éducation nationale et le mouvement social en général.

-> communiqué complet à lire ici

-> pour te faire une idée, tu trouveras ici la carte des luttes en cours contre les E3C

-> pour te donner un peu la température…va faire un tour ici, c’est cadeau!

& dans les autres secteurs c’est comment ?

– les pompiers étaient déters lundi dernier en manifestation et ont montré leur détermination à se faire entendre et à en finir avec leurs conditions de travail déplorable. Malgré de nombreuses violences policières et une répression toujours plus gerbante, leurs revendications ont semble-t-il été entendues…mais on lâche rien ! Même si certaines centrales syndicales appellent à retourner au travail, de nombreux pompiers ne lâcheront rien, tout comme Solidaires!!

-l’opération pourrissement continue: 423 tonnes d ordures s entassent dans Paris, la grève ne faiblit pas. « Les ordures qui s’entassent, ça me dérange moins que les ordures qui gouvernent »

-de nombreux réacteurs nucléaires sont toujours à l’arrêt avec des piquets de grève qui continuent de résister aux pressions, à la répression et au froid!

-et puis n’oublions pas qu’après le président qui s’enfuit d’un théâtre, ce sont des députés, des ministres, des portes paroles BREF des politicards qui ne peuvent plus se déplacer sans un énorme arsenal et surtout qui finissent toujours par annuler leur meeting, discours et machin truc!
Ben alors les gars, on vient plus aux soirées?

Petit kit de survie pour éviter la bagarre (ou pas!)

Le prochain repas de famille approche et tu t’apprêtes à trinquer avec ton banquier de beau frère, à être à table en face de ton macroniste de père et à couper le gâteau en écoutant ta soeur râler contre la grève ?
La première solution est d’annuler parce qu’il y aura forcément une action ou une manif ce jour là (mais tu peux biensur les inviter), si tu as déjà fait le coup trois fois et que ça passe plus, alors ne t’en fais pas, ON EST LA! Voici quelques argumentaires tous frais à ajouter à ta liste déjà bien remplie:

  • Le collectif Nos retraites publie un communiqué suite à l’étude d’impact et aux nouvelles simulations publiées par le gouvernement. L’idée est de prouver que cette étude est truquée et de corriger les chiffres.
  • Des solutions existent pour le financement des retraites et de la protection sociale. Un dossier très complet publié par Solidaires finances publiques est à retrouver ici .
  • Même le conseil d’Etat désavoue le projet, et notamment Blanquer sur la retraite des enseignants, si si, c’est ici !
  • Et puis tu peux aussi te référer au point 4) pour un argumentaire à minima féministe (quand même!)

3) Traitements inhumains et dégradants sur plusieurs familles albanaises

Suite au rassemblement devant la préfecture, une délégation a été reçue par le secrétaire général de la préfecture de Toulouse et la directrice du service des migrations pour dénoncer le traitement indigne infligé à des familles, mises dans un charter pour l’Albanie.

-> Un article de France 3 à lire ici.

Dans ce même contexte à gerber, n’oublions pas que le recteur de l’académie de Rennes avait demandé aux proviseurs par un courrier du 17 janvier 2020 d’identifier les lycéens en situation irrégulière de façon à leur interdire l’accès aux ateliers et aux stages en entreprise.

Pour rappel, dans les termes du droit français, un mineur ne peut être considéré en situation irrégulière. La circulaire 2002-063 du 20 mars 2002 affirme que lorsqu’ils sont sous statut scolaire, les élèves mineurs de nationalité étrangère, quelle que soit leur situation administrative au regard du séjour, doivent effectuer les stages et les périodes de formation prévus dans les programmes d’enseignement. Comme les autres jeunes, les élèves étrangers doivent pouvoir poursuivre leur scolarité dans le même lycée, même après 16 ans, même majeurs, quelle que soit leur situation au regard du séjour : ils relèvent comme les autres des articles L122-2 et D331-41 du Code de l’Éducation.

Nous continuerons à lutter contre toute entrave au principe légal d’un droit à la scolarisation pour tous, quelle que soit leur situation, conformément aux principes de la Convention internationale des droits de l’enfant, dont la France est signataire.

4) Dans l’enseignement et la recherche aussi, les femmes grandes perdantes de la réforme des retraites

Un collectif de femmes syndicalistes de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la recherche s’élèvent contre le projet de retraites par points, qui « ne ferait qu’accroître ces inégalités par des baisses de pensions très importantes d’un grand nombre de femmes ». Les soi-disant « grandes gagnantes » refusent d’être instrumentalisées « pour justifier une réforme injuste et inégalitaire ».

L’Éducation nationale est féminisée à plus de 70%. Au sein de l’Enseignement supérieur et la recherche, les femmes représentent au total un peu plus de 51%. Dans les deux ministères, les emplois les moins rémunérés et les moins qualifiés sont occupés très majoritairement par des femmes. De manière générale, l’Éducation nationale n’est pas préservée : à corps et grade égaux, nous gagnons 14% de moins que les hommes. Dans l’ESR, des plafonds de verre particulièrement résistants (il y a par exemple environ 2 fois moins de chances d’occuper un poste de professeur·e d’université – ou équivalent – lorsque l’on est une femme que lorsque l’on est un homme !), l’existence de primes individualisées distribuées sur la base d’un prétendu « mérite », conjugués à une précarité accrue et à des recrutements tardifs, font que la situation des femmes y est nettement moins favorable que celle des hommes.

Le projet de réforme des retraites par point, au lieu de les corriger, va prolonger ces inégalités au-delà de la fin de la période active. Dans le système actuel, les pensions des femmes sont déjà nettement inférieures à celles des hommes, mais le projet de retraite à points ne ferait qu’accroître ces inégalités par des baisses de pensions très importantes d’un grand nombre de femmes. En effet, on ne prendrait plus en compte les 6 derniers mois, base de calcul du système actuel, mais l’ensemble de la carrière professionnelle des femmes. Cela impliquerait inévitablement une baisse considérable de nos pensions. L’intégration des primes à ce calcul ne ferait qu’accentuer les inégalités car les primes, comme toutes les parts variables de rémunération, bénéficient plus aux hommes qu’aux femmes, comme on le constate avec les heures supplémentaires (HSA), les IMP… Les personnels en temps partiel (majoritairement les femmes) ne peuvent pas bénéficier d’HSA or celles-ci rentrant dans le système des primes, avec le projet de réforme cela accentue encore les inégalités de pension.

Le gouvernement veut faire croire que les mécanismes d’augmentation des points liés à la parentalité seraient une avancée pour les femmes. Pourtant, les 5% supplémentaires accordés par enfant seraient attribués au choix à la mère… ou au père. Or, la tentation serait importante de les attribuer au salaire le plus élevé et donc au père. De même, l’évolution du système des pensions de réversion constitue un véritable recul : d’une part elles ne seraient versées qu’à partir de 55 ans, alors qu’il n’y avait pas de limite dans le système actuel, et d’autre part les femmes divorcées ou remariées ne bénéficieraient plus de la pension de réversion. C’est un recul important porté à l’indépendance financière des femmes, mais aussi à leur sécurité avec un féminicide sur quatre commis au moment de la retraite.

Nous affirmons que contrairement aux annonces du gouvernement, les femmes seront les grandes perdantes de cette réforme. Nous dénonçons cette gouvernance qui tente de nous instrumentaliser en prétendant le contraire pour justifier une réforme injuste et inégalitaire majoritairement rejetée par la population.

Nous, femmes syndicalistes de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur ou de la recherche et syndicalistes lycéennes ou étudiantes, dénonçons avec force le projet du gouvernement de réforme du système de retraite universel par point.

-> tribune à retrouver ici sur Mediapart

5) Police partout, retraites nulle part

Depuis quelques jours, la préfecture de police a modifié sa communication. Elle investit Twitter, notamment avec des vidéos censées contrecarrer la visibilité des violences policières, normaaaaal.

Sans parler de la dernière sortie de Castaner qui affirme avoir retirer les grenades GLI-F4 alors qu’en réalité, leur commande n’a pas été renouvelée depuis 2017 mais il a été décidé des les utiliser jusqu’à épuisement des stocks, soit initialement à l’horizon 2020-2021. Les stocks sont visiblement épuisés plus vite que prévu et HOP, coup de com’, on se fait plaisir et on fait une annonce qui dit qu’on les retire, HA-HA, à d’autres!

Eh oui parce que dans tout ça, Castaner oublie de mentionner la GM2L, sa remplaçante depuis quelques jours. Elle ne serait à priori pas dangereuse car pas de TNT à l’intérieur… Surprise! En fait elle est composée d’une matière d’1,6 fois plus explosive que le TNT et de nombreux blessé-e-s sont déjà à déplorer, comme lundi où plusieurs pompiers et journalistes ont fini aux urgences.

Sans parler des LBD toujours utiliser pour marquer les corps et mutiler un maximum comme le montre cette vidéo ci-dessous où un pompier assis sur le canon à eau perd conscience quelques secondes suite à un tir de LBD.

Sans parler de Daniel, 17ans, mort en voulant échapper aux flics à Toulouse le 3 novembre dernier. C’est la deuxième personne qui meurt en fuyant les forces de l’ordre à Toulouse depuis 35ans.

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