Les nouvelles du jeudi 3 octobre 2019

1) Le travail nous tue, la hiérachie aussi: Christine, ni oubli, ni pardon !

Bilan de la journée de grève suite au suicide de notre collègue Christine Renon

On a commencé par une AG à 140 de bon matin à l’appel du SNUIPP et de la CGT, où beaucoup ont exprimé tristesse et/ou colère, et où on a pu partager le constat accablant des conditions de travail mises en place et soutenues par une hiérarchie qui n’a d’autre modèle que le management qui ravage un à un les services publics et qui vise à faire place nette pour le privé !

On a pu se dire, ou en tout cas on a retenu, que pour aller bien rien de mieux que de lutter !

Pour lutter, rien de mieux que la joie !

Et pour la joie, rien de mieux qu’un poème d’Eluard là tout de suite, et des slogans et des chansons pour les manifs, les rassemblements…etc

Une grève reconductible en s’appuyant sur celle prévue pour commencer le 5/12 par la RATP est dans les esprits. Il y a aussi l’envie de veiller à se joindre à des actions inter-pro, parce que ça bouge déjà ailleurs, notamment dans les hôpitaux…Certain.e.s ont mis cette envie à exécution dès 14h00 !

Pas d’autres perspectives validées collectivement faute d’avoir prévu un moment de votes…dommage !

A 12h on s’est retrouvé, une bonne « cinq centaine » pour un moment de recueillement dans le parc du rectorat. Des interventions, une délégation reçue par la DASEN (tient elle accepte de nouveau de communiquer pour de vrai avec des humains dont le métier est enseignant.e.s…), des chants et un peu de bruit…

Communiqué de la fédération SUD Education ici.

SUD Educ dénonce le scandaleux silence de l’Education nationale face au travail qui tue.

Pétition intersyndicale pour refuser les conditions de travail dans lesquels nous sommes et réclamer une autre qualité de vie au travail.

2) Mobilisation au CHU de Toulouse Purpan.

Une grosse centaine de personnels se sont mobilisées à 14h devant l’hôpital Purpan pour une nouvelle fois dénoncer leurs conditions de travail. Budget en diminution, personnels sous pression, déshumanisation du travail..  c’est le deuxième jeudi que suite à la mobilisation et aux grèves le service d’urgence est fermé. Ce mouvement est historique et ne s’arrêtera pas là !

La grève se termine à 19h aujourd’hui et une AG est prévue demain vendredi à midi et demi à Purpan pour décider des suites du mouvement.

Les urgences sont fermées, et plusieurs services sont déjà partiellement bloqués depuis un moment (2 en rhumato, 2 en ortho, les soins intensifs…). Au total ce sont 99 lits qui sont actuellement fermés soit 8%. Cette bagarre dure depuis longtemps.

Cette nuit déjà les services d’urgence de Purpan n’ont plus accueilli de patients. L’hôpital de St Gaudens, Joseph Ducuing, Ambroise Paré … vont se joindre au mouvement, ne lâchons rien !!!

3) Le rectorat fait (encore) la sourde oreille…

Mardi 1er octobre, trois établissements (lycées Rive-Gauche, Arènes et Déodat) ont débrayé pour dénoncer les conditions de cette rentrée scolaire, avec comme première illustration des classes de secondes à 36 élèves. Les collègues se sont rassemblé-e-s devant le rectorat pour alerter les services et engager une discussion à propos avec l’administration. Mais le rectorat ne l’a pas entendu de cette oreille et a accueilli les personnels…grilles fermées! Le mépris de la hiérarchie n’a visiblement aucune limite.

4) Dossier précarité: mises à jour des réformes et guides de la fédé pour ne pas se laisser avoir

Retrouver les dernières publications de la fédération Sud éducation :

  • Appel des chercheur-se-s précaires : SUD éducation soutient l’appel solennel des chercheur-se-s précaires aux enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs, chercheuses et chercheurs titulaires de la fonction publique.
  • De la poudre aux yeux pour les AESH : La circulaire du 5 juin dernier, présentée par les ministres Blanquer et Cluzel comme une grand avancée pour les personnels n’est que de la poudre aux yeux. Pour les AESH, c’est toujours la précarité qui est à l’ordre du jour. En cette rentrée, SUD éducation fait le point.
  • Le guide des AED – 2019-2020 : contrat, service, salaire, Protection et action sociale, Santé et sécurité au travail, Absence et congés, Droits syndicaux … Vous trouverez toutes ces informations détaillées dans notre guide de 56 pages

5) Catastrophe environnementale à Lubrizol (Seine Maritime) : le ministère doit garantir la sécurité des élèves et de tous les personnels

Un incendie s’est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi dans l’usine chimique Lubrizol de Rouen qui produit des additifs pour huile. Le site stocke des produits très toxiques et il est classé Seveso seuil haut. L’incendie a entraîné des fumées toxiques et des retombées de suie qui inhalées peuvent être néfastes pour la santé. Pourtant, depuis le déclenchement de l’incendie, les services de l’État déclarent que l’impact sanitaire pour la population est faible ! SUD éducation exige plus de transparence.

Selon les premières analyses, il n’y aurait officiellement pas de risque de toxicité aigüe et les autorités tiennent des discours rassurants. Et ce alors même que des fumées, accompagnées de suies, se sont diffusées sur plusieurs kilomètres, incommodant les habitant-e-s, et que des couches d’hydrocarbures se sont répandues partout, polluant durablement sols, nappes phréatiques et réserves d’eau ainsi que la Seine, les barrages installés s’étant révélés insuffisants à limiter la propagation de la pollution.

Dans l’éducation, des écoles étaient fermées vendredi, et des crèches placées en confinement sur ordre du préfet dans un périmètre défini. Cette décision a été prise sous la pression des personnels qui ont du recourir au droit de retrait face à une administration qui leur demandait d’ouvrir les écoles et de prendre en charge les élèves. Ce lundi 30 septembre, au moins trois collèges ont fait usage du droit de retrait. Enfin, ce périmètre défini par les autorités est très restrictif et ne prend pas suffisamment en compte la situation réelle des populations. De nombreuses écoles ne sont pas recensées alors qu’elles ont été touchées par les suies du fait des changements d’orientation des vents.

Sud éducation dénonce :

  • les consignes préfectorales et académiques inadaptées et le manque de réactivité des autorités
  • le non respect du principe de précaution tardivement appliqué et ce sous la pression des personnels

SUD éducation revendique :

  • le contrôle et la dépollution de tous les lieux d’accueil des élèves (gymnases, cantines scolaires, pelouses etc.) par des personnels formés et dotés d’équipements de sécurité adéquats ;
  • la communication publique immédiate des résultats d’analyses effectuées
  • l’organisation « d’un suivi médical spécialisé de tou-te-s les élèves et des personnels exposées aux retombées et aux fumées »
  • une redéfinition des périmètres de sécurité autour des sites industriels ou nucléaires interdisant leur localisation à proximité des établissements scolaires.
  • pour éviter le multiplications des catastrophes, la socialisation des productions d’énergie, la transparence dans leur gestion et la mise en sécurité des équipements.

Le groupe américain, propriété depuis 2011 de la compagnie holding Berkshire Hathaway du milliardaire Warren Buffett, à qui appartient le site est responsable de cette catastrophe sanitaire et écologique. Il doit rendre des comptes ! Le ministère, quant à lui, doit garantir des conditions d’accueil et de travail saines pour les élèves pour tous les personnels. À l’heure où les mobilisations pour la justice sociale et climatique se multiplient, l’incurie de l’administration dans la gestion de l’accident de Lubrizol montre le décalage entre les discours et les actes du gouvernement.

SUD éducation :

  • appelle les personnels à faire usage de leur droit de retrait autant que nécessaire sur cette question, afin de se protéger et de protéger les élèves.
  • apporte son soutien aux collègues qui veillent à assurer un cadre sain et sécurisé pour les élèves et les personnels.
  • soutient toutes les initiatives, rassemblements et manifestations

6) Projet de code de la justice pénale des mineurs : des propositions inadaptées pour lutter contre l’enfermement des enfants

7) Assurance chômage : Solidaires dépose recours contre le décret du 26 juillet !

Après avoir attaqué le décret « sanctions » des chômeurs du 28 décembre dernier, Solidaires a décidé de récidiver, en compagnie de la CGT, contre celui réformant l’assurance chômage promulgué le 26 juillet. Tout en gavant les actionnaires et les intérêts financiers, le gouvernement n’a en effet de cesse de stigmatiser les populations les plus fragiles et de faire les poches des plus pauvres. Il doit donc être stoppé par tout moyen !

Après avoir sciemment provoqué l’échec des négociations sur l’assurance chômage en mars en imposant des économies drastiques, le gouvernement avait pris la main au printemps et clairement annoncé la couleur.

Pour « plus de précarité » avait d’ailleurs déclaré Muriel Penicaud avant de se reprendre : en effet, en durcissant les conditions d’accès à l’assurance chômage (il faut avoir travaillé 6 mois au cours des derniers 24 mois et non plus 4 mois sur les derniers 28 mois) ce sont en particulier les parcours professionnels les plus précaires et en premier lieu les jeunes et les femmes qui vont être durement touchées. Ce seront également les précaires qui pâtiront le plus du fait qu’à partir du 1er avril 2020, l’indemnité chômage ne sera plus calculée sur la base des jours travaillés mais sur le revenu moyen du/de la salarié-e sur une période de 2 années, c’est à dire périodes d’inactivité comprises, sachant que l’indemnité sera par ailleurs plafonnée.

Cette nouvelle aggravation des inégalités, que même les grands médias relaient, est proprement intolérable et doit être absolument combattue !

Par ailleurs, la dégressivité de l’aide au retour à l’emploi pour les cadres ayant passé 6 mois au chômage au motif d’inciter justement au retour à l’emploi (sic) est une atteinte toujours plus forte aux droits des chômeurs-euses sans compter qu’elle est contraire au protocole de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales !

Passée au coeur de l’été aux fins d’éviter toute contestation sociale d’envergure, cette réforme ne doit leurrer personne. Une nouvelle fois les chômeurs-euses sont montré-es du doigt en lieu et place d’un capitalisme destructeur de tous les dispositifs de protection sociale qui bénéficient aux plus faibles. Sa nocivité n’est donc plus à démontrer : que ce soient dans les prétoires ou dans la rue, c’est le capitalisme qui doit être stigmatisé et mis hors d’état de nuire !

Solidaires, Paris, le 26 septembre 2019

8) Manifestation contre les féminicides

 

Manifestation contre les féminicides 

9) En France, on poursuit les victimes: soutien total à Assa Traoré

Tout le monde connait Assa Traoré comme la femme qui porte l’exigence de vérité et de justice face à la mort de son frère Adama.

Mais l’Etat et ses institutions ne supportent pas d’être mis en cause pour violence et pour racisme.

Les membres de la famille Traoré sont menacés, quatre d’entre eux ont été emprisonnés pour avoir agi pour cette exigence de justice, deux sont encore emprisonnés.

Ce 1er octobre, Assa Traoré est convoquée suite à la plainte de trois gendarmes pour diffamation, ces gendarmes dont elle demande la mise en examen depuis la mort d’Adama.

Cette convocation est insupportable comme l’incarcération de ses frères.
En France aujourd’hui on poursuit les victimes.

Nous exigeons l’arrêt des poursuites et du harcèlement contre Assa, la libération des frères Traoré.

Vérité et Justice pour Adama !

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