Les mères en jaune


Mercredi 2 janvier 2019. Le 10 Décembre dernier, lors de son allocution, Emmanuel Macron a évoqué la colère de « la mère de famille célibataire, veuve ou divorcée, qui ne vit même plus, qui n’a pas les moyens de faire garder les enfants et d’améliorer ses fins de mois et n’a plus d’espoir », ajoutant : « je les ai vues, ces femmes de courage pour la première fois disant cette détresse sur tant de ronds-points. » A l’entendre on pourrait presque penser qu’il veut lever, magnanime, le couvercle posé sur celles qui font bouillir la marmite toutes seules, mais dans la marmite, pas de dinde de Noël. Ce sont elles qu’il plume, entre autres.

Le mouvement des Gilets Jaunes les a rendues plus visibles et leur sentiment d’être oubliées s’est transformé en colère : il va falloir les écouter, leur donner la parole et surtout les entendre.
C’est une réalité dans les mutations de notre société : une famille sur 5 est selon l’INSEE [1] aujourd’hui composée d’enfant.s et d’un parent solo, des mères pour l’immense majorité (85%), qui cumulent les difficultés au quotidien. Près de 35 % de ces familles en 2016 vivaient sous le seuil de pauvreté [2]
Prises d’une saine colère, elles disent leur ras le bol d’être paupérisées. Soit elles sont stigmatisées par le « pognon de dingue » que coûtent les maigres aides sociales qui leur permettent de vivre [3] , indignement pointées du doigt comme des assistées, soit elles sont surexploitées dans des jobs mal payés, à la merci des temps partiels accumulés, des CDD, de l’intérim, du travail du dimanche. Elles sont aides ménagères, aides à domicile, assistantes maternelles, dans les métiers du soin de bas de l’échelle dans les hôpitaux, les Ehpads, les écoles. 90% des métiers des services à la personne sont effectués par des femmes [4]

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