Briser des vies : Quelle justice ?

Face à un mouvement social d’ampleur, le gouvernement n’a jamais essayé de répondre à nos revendications légitimes. Aucune mesure d’ensemble pour changer le cap d’une politique favorable aux plus riches, d’une société où les suicides et les mort-es au travail des plus précaires en sont le quotidien.

Depuis des mois, les violences policières pendant les manifestations « gilets jaunes » et actions du mouvement social sont de plus en plus dénoncées (rapport de l’OPP, « Désarmons-les », communiqués syndicaux, associatifs et politiques, etc). Nous y faisons face de plus en plus souvent à chaque action, chaque samedi et nous les dénoncerons à chaque fois. Elle touche désormais autant les manifestant-es, passant-es, journalistes, syndicalistes ; plus personne n’est épargné.

Nous abordons moins souvent la répression judiciaire. Cependant, pour avoir participé à une manifestation, une action, tapé dans une lacrymogène, s’être défendu face aux violences, des personnes se retrouvent en prison. Elles ont ensuite leurs vies brisées pour des actions qui ne détruisent aucune vie. À l’inverse, les patrons responsables de vies détruites ne sont jamais envoyés en prison comme pour AZF ou comme la grande majorité qui spéculent sur notre argent.

Ces deux types de répression ne suffisant plus pour faire taire le mouvement, à Toulouse, police et justice ont passé un cap en maintenant en détention une personne pour ses seules idées politiques, au nom du motif « d’association de malfaiteurs ». En effet R., toulousain, est en prison depuis plus de 3 mois. Encore une arrestation politique où une personne est détenue car anarchiste. Après les affaires de Tarnac et de Bure, la justice va plus loin en condamnant sans preuve avec ce motif judiciaire d’exception (reservé habituellement pour le terrorisme et le grand banditisme) une personne seule pour « association » (même inculpation que Mohammed Merah). Effectivement, il n’a pas été arrêté en manifestation et les seules « preuves » à l’heure actuelle sont des brochures et des amitiés. Dans quelques jours, une audience importante : se pose la question d’un prolongement de détention pour 4 mois supplémentaires toujours sans aucun procès. La libération de R. doit être la seule issue.

Un article plus complet : https://www.mediapart.fr/journal/france/220219/detention-confirmee-pour-le-militant-toulousain-arrete-en-marge-des-gilets-jaunes

Par ces manœuvres, l’État essaie de diviser le mouvement social comme il l’a toujours fait. Solidaires appelle à l’unité, à rompre le silence et à apporter tout notre soutien à nos camarades emprisonné-e-s. Comme pour la répression à Bure, nous sommes solidaires et nous ne nous laisserons pas intimider. Nous appelons toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cette lutte à dénoncer cette répression et à ne pas être dupes des discours du gouvernement.

 

Il existe aujourd’hui en France des centaines de prisonnièr-es politiques, de condamné-es, de « délinquant-es » dont le seul crime est de lutter pour le droit à vivre dans la dignité, parce qu’ils ne s’en sortent plus, parce qu’elles veulent défendre des territoires. Condamné-es pour avoir lutté contre un système inégalitaire qui détruit les existences et ravage le vivant au nom du profit et du pouvoir. Condamné-es, parce qu’ils et elles ne sont pas né-es avec la bonne couleur de peau ou le bon patronyme. Pour faire corps ensemble face à la répression de l’État, une large solidarité est plus que jamais nécessaire.

 

  • Nous exigeons la libération immédiate de R. en prison depuis plus de 3 mois sans procès.
  • Nous transmettons toute notre solidarité aux proches des personnes incarcérées.
  • Nous exigeons l’abandon des poursuites contre les opposant-es et la fin des opérations d’intimidation.
  • Nous appelons toutes les organisations progressistes et la population à se saisir de ces enjeux judiciaires pour mettre un coup d’arrêt à cette répression.

 

Pour envoyer du soutien, pour plus d’infos, ou pour s’organiser ensemble, contacter la Défense Collective (http://defensecollectivetoulouse.noblogs.org)

Notre motion nationale autour de la répression et des questions larges qu’elle soulève : https://solidaires.org/Appel-a-manifester-le-13-avril-contre-les-repressions-syndicales-en-cours-et

Une initiative nationale et unitaire contre la criminalisation des luttes : https://solidaires.org/Paris-Rencontre-nationale-contre-la-criminalisation-des-luttes

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