Brésil : « Il est nécessaire de battre Bolsonaro dans les urnes et dans la rue »

Voici la déclaration de nos camarades du syndicat brésilien CSP-Conlutas.


Le second tour de l’élection présidentielle opposera Jair Bolsonaro et Fernando Haddad. Après 13 ans de gouvernement PT et de gouvernement Temer, il s’agit là du résultat d’une société brésilienne en prise à des facteurs qui, à juste titre, exaspèrent les couches populaires : chômage et précarité, recrudescence de la violence liée à la misère sociale, corruption de la classe politique. Une situation qui, de l’avis de tous et toutes, n’est plus supportable. Ce sentiment d’indignation du peuple, l’a conduit à se mobiliser et à être sur le « pied de guerre » contre ce qu’il conçoit comme une véritable guerre sociale que l’on nous impose, nous les pauvres.

Face à ces attaques anti-sociales contre nos droits, nous avons assisté à une riposte d’envergure de la classe ouvrière : grèves, avec entre autre récemment la plus massive grève générale jamais connue au Brésil, occupations d’espaces publics en zones urbaines, récupération de terres dans les campagnes par les paysan-n-es. Sur le front des luttes sociales, ce sont aussi les mobilisations féministes, le 29 septembre, contre le programme homophobe et mysogine du candidat d’extrême droite Bolasonaro, qui ont marqué les esprits.

Notre classe n’est pas vaincue. Bien au contraire. Malgré tout, un véritable danger existe avec une éventuelle victoire électorale de Bolasonaro, qui n’aggraverait qu’un peu plus encore nos conditions de vie. Ce dernier, par ses prises de positions est, à nos yeux, qu’un crypto-fasciste : il soutient l’héritage des heures sombres de la vie de notre pays, du temps des années de dictature dans les années 70, son discours est ouvertement raciste à l’encontre des populations les plus pauvres, notamment du Nord-Est brésilien, sa politique est authentiquement ultra-libérale avec des propositions qui feront que les riches seront plus riches et les pauvres plus pauvres encore. Il menace les libertés publiques, en particulier nos droits syndicaux. Il entend, également, s’attaquer aux droits des Femmes, des Homosexuels, des populations noires et indigènes (entre autres des indiens Quilombas). Ces idées défendues par Bolsonaro s’accompagnent d’actes de violences au cours de cette campagne électorale. On ne compte pas le nombre d’agressions, de passages à tabac et même de meurtres qui sont perpétrés, ici et là sur tout le territoire, par ses partisans.

Il est clair pour nous qu’il faut battre Bolsonaro au second tour : dans les urnes, mais aussi et surtout, dans la rue. Car s’il est élu, il mettra à exécution ses menaces, en s’appuyant sur tout appareil répressif de l’Etat, l’Armée et la Police.

Battre Bolsonaro, toutefois, ne signifie pas pour autant, pour nous CSP-Conlutas, donner un blanc seing au PT. Au contraire, nous poursuivrons, hier comme demain, notre combat contre un gouvernement travailliste comme nous le faisons ouvertement depuis une décennie.

Nous affirmerons, hier comme demain, notre autonomie d’action de classe contre tout type de collaboration et de complaisance avec un gouvernement PT.

Nous continuerons à défendre notre indépendance classe, et nous opposerons à un éventuel gouvernement PT, et ce dès le premier jour.
La dictature plus jamais !

  • Pour l’abrogation immédiate de toutes les mesures et réformes de Temer !
  • Pour la suspension du paiement de la dette publique !
  • Pour l’emploi, les salaires, le droit à la terre et des logements dignes !
  • Pour la défense des services publics et des fonctionnaires !
  • Pour l’arrestation et confiscation de biens de TOUT personnel politique corrompu !
Share Button